Ecrire, créer, pour se sauver

Quand il n'y a rien à faire, pourquoi ne pas faire ce qui est essentiel ?

Coucou toi,

Alors voilà, je sais que j’ai pleeeeeein de choses à faire en ce moment, et que mon désoeuvrement est plutôt l’oeuvre d’une tétanie interne machiavélique auto-imposée, mais il s’avère que je savais qu’aujourd’hui je n’aurais vraiment pas grand chose à produire, ou plutôt pas du tout envie de.

Je pense que ce sentiment est partagé par ici : combien d’entre vous se sont retrouvés devant une montagne d’actions à entreprendre, et ont lâché l’affaire pour la journée, lorgnant vers la machine à café pour voir s’il y a pas d’autres collègues prêts à glander avec vous en se morfondant ; dégainant Candy Crush pour aller jusqu’à pleurer de fatigue de franchir les niveaux sans but apparent ; décidant d’aller faire une virée de shopping “j’ai plus rien à me mettre” ? Les exemples sont innombrables. Reculer devant l’effort, c’est pas forcément fréquent, mais ça nous est tous arrivé.

C’était mon cas ce matin. Après avoir enregistré un essai d’harmonica sur une chanson, je me suis rendu compte que je n’aurais plus rien d’autre à faire que de constituer ce foutu fichier de démarchage pour avancer dans ma carrière artistique. Et comme je suis en plein doute sur “qui de l’oeuf et de la poule”, ne comprenant strictement rien à la marche à suivre pour me frayer un chemin, je fus saisi (oui, j’utilise le passé simple, et alors ?) d’un effroyable sentiment de flemmasssse de ouf (oui j’utilise le verlan, et alors ?).

Mais quand on loose, on déprime

Moi, ma loose, c’est simple, ça se transforme en “Insta / Facebook / Email / Insta / Facebook / Email” et “surtout pas Youtube, je vais perdre un temps de fou”. A me demander “mais comment je fais pour que les chiffres montent ? et patati patata”. D’un coup, j’ai mis le mode avion, j’ai éteint l’ordinateur.

Je me suis rendu que j’étais déprimé. Déprimé de pas savoir dans quelle direction aller, de pas savoir avec qui en parler, qui pour me rassurer, qui pour écouter cette plainte lancinante qui casse les pieds.

J’aurais pu passer la journée à m’enfoncer. Je le fais souvent, ça. Je rentre le soir en traînant des pieds “ça va pas, gnagnagna, et puis c’est trop dur, gnagnagna”. J’ai quelqu’un à la maison qui m’aime suffisamment pour me dire “tu vas y arriver”. C’est confortable, ce déroulé, je le connais par coeur.

Un gros coup de pied au cul, oui

Alors, j’ai pris une feuille, et je me suis mis à la tâche de fond que je me suis donnée : celle d’écrire des chansons.

Ces dernières semaines (je sais plus si je vous ai dit), je voulais écrire sur d’autres que moi. Passer mon temps à élargir la focale, voir ce que ça donnait. Eh bien, je vous avoue qu’au bout de 15 feuilles de papier froissées en boule, de rage, je me suis écouté, une nouvelle fois.

J’ai composé une chanson d’amour. Un rock d’amour. Une chanson énervée d’amour.

Et ça va beaucoup mieux.

Elle s’appelle “We could make love anywhere” et je vous la partage en privé. Parce qu’elle me fait bien vibrer. C’est la première prise, la structure changera évidemment.

“We don’t need any mattress, we could make love anywhere”

Vous qui écouterez cette chanson ne comprendrez peut-être pas que je partage ce son aussi pourri avec autant de gens. Bienvenue sur cette newsletter, c’est un peu l’objet de cette petite communauté que je crée : partager les ébauches, et pas que les produits complètement finis.

Cette chanson sortira pas avant quand ? J’en sais rien. En vrai elle est déjà sortie puisque vous l’entendez. Voilà.

Merci qui ?

Ce qui vient de se produire, là, à l’instant, peu de gens se l’autorisent. 99% du temps, c’est parce qu’ils n’ont pas d’autre choix que de faire ce qu’on leur demande de faire. Pour payer les factures, pour respecter l’ordre du groupe, pour être aimé, par réflexe pavlovien.

La succession de “j’ai pas envie de… je le fais pas… ça me déprime… faut pas… je vais créer… mais c’est trop bien… vas-y je le partage en l’état…” je pense que je ne connais qu’une seule autre personne dans mon monde à moi capable de cheminer de cette façon. C’est ce type-là :

Crédit photo : Matthias BLCrédit photo : Matthias BL

Je côtoie “Sir” Geoffroy Williamson depuis qu’il a lui aussi “appris à oser” à mes côtés lors de nos études “supérieures” (nous sommes tous deux assez critiques de cet enseignement, et nous ne le cachons pas vraiment).

Lorsque je dois prendre une décision courageuse dans ma vie, ou tenir le cap de ma liberté d’exister dans la joie avant tout, je pense à mon ami Geoffroy. C’est un exemple de persévérance en ce domaine.

Croire que le fait d’écouter sa petite voix intérieure soit chose aisée ou confortable, c’est se mettre le doigt dans l’oeil, complètement. Aller à l’encontre de toutes les attentes familiales les plus enfouies en décidant de devenir “professeur d’anglais”, de déménager en “province” dans un “pavillon”, c’est faire preuve d’un courage hors norme. Et inutile de comparer les destinées : oui, il y a des enfants qui meurent de faim dans le monde, je sais.

Geoffroy n’est pas une tête brûlée. Je puise dans l’observation de ce grand homme une conviction que les choix les plus admirables sont aussi ceux qui demandent le plus de préparation, de courage, d’abnégation et de persévérance. A bien observer cet homme depuis des décennies, je sais pertinemment que ses apparents “coups de tête” ne sont rien d’autres qu’un rôle de désinvolte que ce brillant introverti s’est donné pour exister parmi les siens (la bourgeoisie provinciale, dans le cas présent).

Ah mais, Geoffroy, c’est bien plus que ça. C’est tout à la fois. C’est la complexité de l’univers en un seul homme finalement. Mais c’est aussi la meilleure des boussoles, un cap. L’ami fidèle.

Celui qui encourage à faire “ce que tu fais de mieux”.

Geoffroy a fait partie de ma musique à une époque. Il tape sur des fûts et chante à mes côtés dans Chapter 9. A chaque fois que je lui présentais une nouvelle musique, sa réplique préférée était “joue-la tout seul, c’est bien mieux comme ça”. Ce que je croyais être une boutade (n’en était-ce pas une ?) s’est transformée en prophétie. Geoffroy est parti au Japon suivre son intuition, et j’ai quelques temps oeuvré seul en scène, à prendre énormément de plaisir. En ayant toujours en tête son conseil, lors de mes moments de doute.

Désormais, je sais que je peux me faire totalement confiance en musique. Que je suis capable de créer un pattern de batterie, une ligne de basse, des cordes, des claviers, des choeurs, tout seul dans mon coin. De vous proposer ces morceaux non finis, tout en sachant “qu’ils sont déjà très bien comme ça”, parce que, dans un coin de ma tête trotte ce conseil vieux de 16 ans.

Geoffroy, c’est tout ça, pour moi. Et bien plus encore, mais il est des choses qu’on ne dévoile pas.

Merci mon ami.

Et sinon rien à voir mais…

En ce moment, j’écoute Thin Lizzy. C’est étonnant que j’aime autant ce groupe de (hard) rock irlandais, mon chemin musical ne m’aurait jamais emmené par là si ce n’est par le hasard de rencontres londoniennes.

Je connais très peu leur discographie ou leur histoire, je ne pourrais pas vous raconter les aventures de ce groupe. Moi j’ai juste bu une pinte avec le guitariste Eric Bell. C’est tout ce que j’ai à dire. Je vous laisse avec le groupe et la sublime voix du chanteur Phil Lynott.

Pour écouter l'album sur Spotify cliquez sur la photo !Pour écouter l'album sur Spotify cliquez sur la photo !

Bonne journée à vous tous, et à bientôt pour d’autres nouvelles passionnantes.

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5 Horses - Folk songs, with ❤️

Par Marc Verwaerde

Je m'appelle Marc Verwaerde, j'écris des chansons pop et folk en anglais, et c’est le sujet principal que j’aborde dans cette newsletter.

Pour découvrir mon travail d’artiste musicien, vous pouvez vous rendre sur les plateformes suivantes :

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