Merci pour cette belle année

Où l'auteur de cette lettre à nouvelles fait le bilan de cette année écoulée et trace un chemin pour 2026

Hello you,

Ca y est, nous y sommes : décembre 2025. Une année vient de s’écouler, et le simple fait de jeter un micro coup d’oeil dans le rétroviseur me donne le vertige. Les yeux trop rivés dans cet infini brouillard que m’offre la vue sur le pare-brise, je ne me rends pas compte des petites graines semées sur une terre qui semblerait être plutôt fertile aux notes que j’égrène.

Un rapide mais sincère remerciement à chacun.e d’entre vous abonné.e à cette newsletter pour votre soutien composé à la fois d’écoutes attentives, de retours empathiques et de partages autour de vous. Je veux remercier tout particulièrement les personnes ayant découvert ou soutenu ma musique en chair et en os, lors de l’un de mes concerts de 2025, et qui se sont inscrites ici. Soyez les Bienvenus ! N’hésitez pas à partager encore et toujours cette newsletter, les nouveaux pourront s’y inscrire en cliquant sur le bouton ci-dessous:

130.000 auditeurs en 2025

A l’heure de la relecture de cette lettre, je suis encore partagé à l’idée de communiquer ce chiffre avec vous, car je reste circonspect quant au potentiel d’une amélioration des conditions matérielles de la pratique artistique professionnelle dans les années à venir, du fait des nouveaux modèles hégémoniques d’écoute musicale. Certes, 130.000 paires d’oreilles ont entendu ma musique, ce qui est une statistique impressionnante au regard de mon quotidien en tant qu’être humain (personne ne m’a pour le moment arrêté dans la rue en me disant “hé, je vous connais, vous seriez pas Cinq Chevaux ?”).

Une fois ce chiffre totémique et astronomique énoncé, la réalité est que tout cela n’aura financé que 3,5% de mes investissements pour produire de la musique, sans que je ne compte les heures passées à écrire, composer, répéter, réfléchir aux arrangements,…

Et, même si je compressais l’ensemble de mes frais d’enregistrement jusqu’à la moelle, il n’existe aucun monde où 130.000 auditeurs assidus et néanmoins abonnés aux plateformes actuelles de streaming me permettraient de financer une année de loyer et de nourriture.

C’est donc l’éternelle question : où trouver les ressources financières manquantes suite à la transformation des usages concernant l’écoute de la musique ? Toutes les idées sont déjà dans l’air : dans les pays anglo-saxons, le système de mécénat par abonnement mensuel semble connaître un petit essor (ils appellent ça “Patreon”), mais ce n’est pas un modèle qui prend en France, où la coutume veut que l’on s’appuie sur la solidarité nationale (“on est déjà un des pays les plus taxés au MONDE, mon cher Jean-Pierre, vous voulez pas non plus devenir le Vénézuelaaaaa, Vuvuzelaaaaa”).

Reste le live (et l’intermittence qui va avec, cf ladite “solidarité nationale”). Sauf qu’en matière de live, toutes les statistiques montrent une concentration de la fréquentation de spectacles dans les grosses salles, pour aller voir des “gros” artistes, qui tournent dans des Zéniths et des Arenas. Il faut dire que les majors du disque ont pris part dans la production de spectacles pour essayer de satisfaire leurs rentabilités déclinantes. Et leur force de frappe en termes de publicité est sans commune mesure avec celle des acteurs indépendants.

Ecouter les artistes indépendants et fréquenter les salles indépendantes, c’est une façon de reprendre le pouvoir sur ces lames de fond auxquelles on ne peut pas grand chose (si si ! votez Fidel ! haha ! ou pas). Le refus d’abuser de l’intelligence artificielle ou de consommer (trop) de produits industriels ne suffira probablement pas à bâtir un monde alternatif.

Dans cet écosystème en déliquescence, je prends la route sinueuse du refus de parvenir, de la sobriété heureuse, non pas exclusivement par choix politique ou philosophique (même si j’avoue que j’aime bien cette posture-là), mais aussi par constat d’évidence. Les portes d’accès au niveau supérieur de ce grand jeu qu’est la réalité ne me sont pas grandes ouvertes, aussi parce que, têtu comme une mule, j’ai décidé de faire de la musique à papa, en langue anglaise, et pis rien d’autre.

musique à papa, en costume quoi.

Têtu comme une mule ou incapable de faire autre chose ? Je sais répondre à cette question, et vous vous faites une mauvaise idée de l’âne que je ne suis pas.

Dans le TOP10 de 500 personnes

Cette autre statistique m’a été communiquée par le plus gros acteur du marché du streaming, que je ne porte pas dans mon coeur pour plein de raisons (l’investissement par son fondateur de centaines de millions de dollars dans les drones militaires en est une, mais pas que). Mais ici, je veux prendre le temps de faire le distingo entre l’utilisateur et le propriétaire de la plateforme.

La vie moderne comprime tellement les occasions d’oisiveté qu’il est bien normal que nous cherchions la praticité de l’usage pour satisfaire nos envies d’évasion (je range l’écoute de musique dans cette catégorie-là). Dès lors, une application qui contiendrait l’ensemble de la production musicale depuis les débuts de l’enregistrement phonographique semble être l’outil tout trouvé pour écouter de la musique. Si l’ensemble des acteurs du marché décidaient d’un commun accord de revoir leur manière de facturer les choses et de redistribuer les recettes aux auteurs-compositeurs-interprètes-arrangeurs-musiciens, je ne vois pas comment l’utilisateur final serait “pas d’accord”.

Une fois ce gros pavé lancé dans la mare comme tout bon terroriste d’ultra-gauche qui se respecte, je veux prendre le temps de soupeser avec énormément de considération le fait d’être dans le Top 10 des écoutes pour 500 personnes à travers le monde. Dans l’ensemble de ce qui est produit chaque année et du stock des productions passées, me voilà “élu” par 500 personnes en 2025 ! C’est inimaginable. Si vous en faites partie, soyez-en remercié.e !

Je veux ici aussi adresser un remerciement particulier aux personnes ayant acheté mes CDs lors de mes concerts, car la statistique ne me permet pas de savoir si je fais ou non partie de leur TOP 10, mais je veux bien croire que je suis écouté avec une oreille très attentive à chaque fois que la platine joue du “5 Horses”.

La collaboration avec ROY Music, qui distribue ma musique, m’aura certainement permis ces accomplissements digitaux. Voyez ici un témoignage de mon affection pour Rodolphe, Stéphane et toutes les équipes qui travaillent dans l’ombre à faire émerger ma vieille carcasse dans le flot ininterrompu de nouveautés sexys ou artificielles.

15 concerts cette année

Cette année, à la force du poignet, sans rien attendre de qui que ce soit, j’ai réussi à trouver 15 lieux où produire ma musique, en solo, en duo, en quartet. Je tiens à remercier du fond du coeur les acteurs qui m’ont permis d’être accueilli dans leurs murs. J’ai toujours été reçu avec énormément d’attentions et de considération, non pas comme une diva, mais comme un être humain. C’est tellement agréable de pouvoir jouer dans des lieux qui prennent le temps qu’il faut pour qu’on se sente bien.

Ces dates m’ont également permis de prendre confiance en ma capacité à exister sur scène. Le public, toujours présent, toujours à l’écoute, m’a permis de flirter avec les silences pour essayer d’atteindre la sensibilité que je recherche dans mes interprétations en concert. Merci à tous ceux qui sont venus et tous ceux qui ont écouté.

En 2025 j’ai aussi renforcé, peut-être même définitivement scellé des complicités scéniques avec Olivier Legall, qui désormais m’accompagne (presque) partout (presque) à chaque occasion. En 2026, c’est la formule duo que je proposerai en priorité à tout interlocuteur, au moment de lui présenter notre “spectacle musical”. Evidemment, j’apprécie la formule quartet avec Clément Febvre à la batterie (qui désormais se produit à “Jazz à Vienne” et “Rock en Seine”, excusez-moi pour le dérangement) et Max Darmon (qui devrait emboîter le pas de Clément sans nul doute dans les années à venir), ou de Jérôme Gras (qui monte sur scène dès qu’il est à Paris ou que je suis à Sao Paulo, ce qui n’est pas super fréquent, malheureusement).

Formule duo, shootée par Leon Geoni.

J’apprécie cette formule duo car elle me permet de déployer une vitalité qui trouve moins sa place dans la formule duo. Peu importe, mon répertoire est vaste, et si les occasions de jouer en groupe sont rares, elles sont donc d’autant plus précieuses.

Quid de 2026 ?

Quelles espérances pour 5 Horses en 2026 ? En numérologie, l’année est un 0 pointé. Un nouveau départ donc. En 2026, je sors mon premier album, “Try and Succeed”, et en produis quelques exemplaires Compact Disc et Vinyle pour l’occasion. En 2026, je passerai quelques jours ça et là en studio, avec les amis, pour enregistrer ce qui sera mon deuxième album, et qui sortira probablement plus vite que le précédent.

En 2026, je mettrai aussi beaucoup plus d’attention dans tout ce qui est "réel”. Je n’aime (vraiment) pas les communications visuelles qu’imposent les réseaux dits sociaux, et je constate que 95% de mes revenus sont générés dans le réel, justement. Si j’espère chaque jour passer le message que je porte à plus de monde encore, c’est via le monde réel que j’entreprendrai de le faire, et ce même si les les statistiques ont tendance à montrer que le chemin sera bien plus long comme cela.

C’est ainsi. 2026 sera probablement l’année de la Sagesse.

En 2026, vous continuerez quand même à me trouver sur les plateformes de streaming, car encore une fois, je fais la différence entre usagers et producteurs. Mais si, à l’instar de plus en plus de mélomanes, vous vouliez trouver ma musique en format physique ou numérique “à télécharger”, sachez que je viens de donner un coup de neuf à mon profil sur Bandcamp, où vous pourrez précommander l’album à paraître et vous abonner pour ne pas manquer les sorties suivantes.

En 2026, je ne réduirai pas non plus le volume de mots écrits par ici. Ne serait-ce que parce que je ne vois pas comment développer ma pensée autrement qu’en écrivant (beaucoup).

Sur ce, je vous souhaite une merveilleuse année 2026 et vous dis à très bientôt pour plein de nouvelles nouvelles.

Marc / 5 Horses

5 Horses - Folk songs, with ❤️

Par Marc Verwaerde

Je m'appelle Marc Verwaerde, j'écris des chansons pop et folk en anglais, et c’est le sujet principal que j’aborde dans cette newsletter.

Pour découvrir mon travail d’artiste musicien, vous pouvez vous rendre sur les plateformes suivantes :

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