Bonjour à tous !
Sachez déjà que je vous écris en écoutant Fruit Bats. Plus spécifiquement, j’écoute leur album composé de plein de chansons perdues dans les méandres de l’histoire du groupe de 2001 à 2022 (écoutez sur Spotify ici). Cette mention manuscrite a du sens par rapport à ce qui suit.
Car j’ai envie d’aborder avec vous le sujet principal de cette newsletter en empruntant les chemins de traverse, comme à l’accoutumée. Vous me suivez ? Alors, c’est parti.
Depuis le début de ma “carrière” d’artiste, j’ai écrit un sacré paquet de chansons. Je pense que je pourrais aujourd’hui enregistrer 4 albums d’affilée, tous composés de jolies mélodies inédites dont je n’aurais pas à rougir. Cette réflexion vient rebondir sur celle que Gary Louris, le leader des Jayhawks, avait faite lors d’une interview en 2020, à l’occasion de la sortie de leur 11ème album : le rythme du monde n’est pas le même que celui de l’artiste. Et il faut savoir ronger son frein. Et enterrer quelques chansons au passage (voire un sacré paquet, pour dire vrai). A la manière de constructions délaissées, la chanson peut subir le même coup du sort, avec ou sans les avancées technologiques permettant l’enregistrement de celles-ci à la maison (le fameux home-studio pour les anglophiles).
Parce que toutes ces chansons existent dans ma tête, mais que je sais que le jour où on me dire “peux-tu enregistrer un nouvel album ?”, elles s’effaceront au profit de nouvelles, plus fraîches, plus en adéquation avec la personne que je suis à ce moment-là.
Fruit Bats s’est fait plaisir : il a sorti son album collection de chansons du passé, qu’elles soient plutôt bien produites ou à l’état de démo (plutôt bien produites). Je rêve de pouvoir faire ça en 2035.
Donc j’ai changé d’avis, puisque c’est de ça qu’il s’agit
Je n’ai pas changé radicalement d’avis, ceci étant. Le fond reste le même : je suis un artiste solo, j’officie sous mon nom Marc Verwaerde (et dieu sait - ou Stéphanie et Jérôme, pour les nommer - que c’est un sujet qui me traverse toutes les deux semaines), mon prochain EP s’appelle a Better Man, il sortira dans quelques mois avec l’aide de Microcultures et d’autres acteurs du milieu.
J’ai juste changé d’avis sur l’identité visuelle qui illustrera le propos musical.
Je devais partir sur un visuel illustrant la complexité de mon monde imaginaire. Et c’était très abscon, même si ça avait du sens et que je pouvais enrober le tout de ma science rationnelle, sans aucun doute. Mais voilàtipa que lors d’un séjour et d’un concert à Bruxelles, je tombe sur Céline Danloy, photographe et psychanalyste, qui avec Delphine Bruxant signe l’ouvrage “Terminus”, exploration urbaine photographique de tous ces lieux que l’homme a décidé de rendre à la “nature”.
(c) Céline Danloy
Je passe sur le fait que Céline ait réussi à saisir en quelques photos l’intimité de ma musique lors de ce concert, comme vous pourrez le constater en scrollant vers le bas. Parce que le sujet, c’est plutôt la passion qui l’anime de shooter ces lieux magiques. Et qui à mes yeux transcrivent parfaitement ce que je ressens quand je chante mes chansons : je me laisse remplir à nouveau par le monde vivant.
Après “The End”, ce délicieux sentiment de naufrage intérieur qui m’a permis de renaître autrement, “a Better Man” c’est l’EP de la transmutation via le vivant. Laisser les vagues, le soleil, le vent, la chlorophylle faire leur travail d’érosion pour me laisser tout nu, et me permettre de retrouver l’urbain avec un regard complètement nouveau. A la manière de ce que réalisent ces moutons de poussière, les feuilles de lierre et les plantes sauvages qui poussent dans les fentes des murs délabrés, je me laisse porter par les éléments vivants pour me transformer. Et comme les grapheurs et les squatteurs de ces lieux, m’approprier à nouveau mon moi, totalement.
Bref, l’exploration urbaine, ça me parle.
Et c’est de ça dont je voulais vous parler. C’est fait.
Place aux quelques clichés pris par Céline lors de ce concert privé chez ma cousine chérie, Marie <3 .
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