Kessel

Sol Mi (mineur) Ré

S'ennuyer c'est la clé

Coucou toi,

Aujourd’hui est une journée sol mi mineur ré. C’est une journée Oasis, c’est une journée Lennon, c’est une journée Jayhawks, c’est une journée Neil Young.

Il fait peut-être beau dehors, je ne sais pas, la lassitude s’installe, la to-do list s’allonge et son lot d’interrogations existentielles, et j’écoute Springsteen. Je voudrais écrire une chanson, mais j’y arrive pas. C’est comme ça. Et ça (re)viendra.

Quand j’écris une chanson, c’est parce que j’ai (l’impression d’avoir) du temps devant moi. S’ennuyer, c’est la clé. Se traîner, looser, se gratter la barbe et tourner en rond en écoutant des bons disques ou en allant faire un tour dans le parc à côté : voilà la clé.

Il y a aussi la compétition, le sentiment d’urgence (la fameuse deadline), et bien d’autres facteurs, mais la loose c’est encore ce qui se fait de plus certain pour être créatif.

Et, comme ces dernières semaines j’étais trop sur le pont, j’ai zéro idée. Sauf ce Sol Mi(mineur) Ré. D’un banal impressionnant (pour les non musiciens, je vous garantis que c’est banal, banal comme Don McLean, banal comme Oh Yoko!, bref, banal comme un tube intersidéral en puissance).

Parlons d’autre chose, du coup

Comme de ce concert au Supersonic. Ah non, j’en ai déjà parlé. Oui, alors plutôt que d’en parler, visualisons ensemble deux vidéos : une capsule “souvenir” du show, et une chanson filmée en entier, pour notre plus grand plaisir :

Extraits du concert - sur fond de "Release me", chanson inéditeExtraits du concert - sur fond de "Release me", chanson inédite

a Better Man - Live au Supersonica Better Man - Live au Supersonic

Et passons au “merci qui”, car tout ça a une queue et une tête.

Je profite de la thématique de cette newsletter autour de la loose, pour puiser dans mes plus anciens souvenirs, et si je dois noter une amitié faite de grandes plages de RIEN DU TOUT, à gratter des accords dans le vide, à boire des bières premier prix et traîner sur un balcon à se demander ce qu’on peut bien faire, c’est bien à Thibaut Pinchon que je pense en premier lieu. C’est lui, le premier véritable compagnon de ma route musicale. C’est lui qui m’a poussé hors de ma chambre, c’est lui qui m’a poussé à écrire mes propres chansons, sans vraiment savoir dans quel engrenage il allait pousser mon doigt, mon bras, mon épaule et tout ce qui s’ensuit.

A la Flèche d'Or, il y a mille ans (photo Valérie Cuscito)A la Flèche d'Or, il y a mille ans (photo Valérie Cuscito)

Je ne remercie pas Thibaut pour le goût douteux qu’il a pour Dream Theater. Par contre, je le remercie d’avoir, avec acharnement et persistance, démonté The Jayhawks pendant les 6 années que nous avons passées ensemble à écumer les scènes parisiennes et franciliennes. Sinon, j’aurais probablement fini dans la fange blues-country-rock, sans vouloir m’élever au niveau de Lennon (rien que ça, mais oui oui quand même).

Ce que je dois à Thibaut ? Tout, ou presque. La confiance en ma capacité à écrire des chansons, la confiance en ma capacité à incarner un projet musical. Il m’a aussi appris à manier l’art délicat d’identifier des mélodies et des harmonies qui ont une originalité, sans vraiment trop m’expliquer comment ou pourquoi. Fan des mélodies à la Eiffel ou Blur, Thibaut m’a challengé sur ce fameux Sol Mi mineur Ré.

Il y a des moments marquants dans la vie, et je me souviens extrêmement bien de cette conversation, passage des Abbesses, au moment de démarcher des pros, d’avancer sur cette route incertaine qu’est la “carrière musicale”. Thibaut m’a dit "il n’y a que le travail musical qui paie”. 16 ans après, je partage son opinion. J’ai le sentiment que ce qui se passe en ce moment pour moi, je le dois à l’énergie que je déploie à travailler mon instrument, ma voix, mes compositions et mes arrangements, plus qu’à toute autre chose. C’est 70% de mon temps investi, et je sens que les oreilles se tournent vers moi avec plus de respect, plus d’attention. En 2007, je ne passais pas assez de temps à travailler mon instrument, ma musique.

Nos vies ont pris des chemins différents depuis 2009 et mon départ au Brésil. Cela faisait déjà 1 an que Thibaut avait choisi de consacrer sa vie à sa famille et sa carrière professionnelle. J’ai d’ailleurs toujours reconnu en Thibaut mon propre père. Et j’ai toujours eu énormément d’admiration pour ces choix francs, cette énergie placée au bon endroit, qui tracent un chemin de vie sans sortie de route possible. Aujourd’hui, Thibaut est heureux dans sa vie, et c’est la preuve vivante que c’est la persévérance et la constance de choix qui permettent d’être à la hauteur de la vie.

Dans mes moments de doute, et quand il faut se poser la question de ce qui compte le plus, je me penche sur le témoignage de vie de Thibaut (à l’image de celle de mon père), et j’essaie de m’appliquer sa discipline. Ce qui compte pour moi aujourd’hui, c’est de construire une famille (avec les modalités qui sont les miennes :) ), et de m’épanouir dans un métier qui me convient à moi (la musique).

Merci donc Thibaut pour cette amitié qui traverse nos vies depuis si longtemps. Boussole interne tu es, boussole interne tu resteras.

Et sinon, rien à voir, mais

Cabane, BrûléeCabane, Brûlée

Les réseaux sociaux ont quelque chose de magique, ne l’oublions pas, tant que l’on cherche à être surpris, qu’on fouille un peu, et qu’on prête une oreille attentive au hasard d’une belle rencontre. C’est ainsi, qu’en cliquant sur le petit coeur Instagram d’une vidéo qui m’étais proposée sur mon fil (j’avais aimé parce que j’avais aimé), je recevais un message de Thomas pour me remercier d’avoir écouté. Thomas, il croyait que j’étais connu. Parce que nous avions des amis en commun. Ca l’a touché que j’aime. Après coup, je crois qu’il a compris que je n’étais qu’un parmi d’autres (comme nous tous, finalement). Mais ça m’a touché son remerciement. J’ai donc persévéré dans l’écoute des vidéos qui annonçaient la sortie de l’album ci-dessus.

Je suis très heureux d’avoir prêté cette oreille attentive. Thomas a réalisé pendant 4 ans un petit bijou de pop organique, extrêmement bien arrangé, extrêmement bien interprété. Une leçon d’art et d’artisanat. Ces oeuvres sont suffisamment rares de nos jours pour les célébrer et les mettre en valeur.

Je ne suis pas de ces gens qui mettent beaucoup d’attention dans la production de leurs chansons, mais je sais reconnaître et saluer cet effort, qui m’impressionne énormément.

Ecoutez Melodies of Love, vous comprendrez ce que je veux dire.

Et sachez que Thomas n’a pas besoin qu’on fasse sa promo, il a aussi réussi à faire ça très très bien tout seul (ce chemin de solitude m’impressionne, même s’il ne me correspond pas :) ).

Et c’est tout

Pour cette fois, je crois que j’ai tout dit. N’hésitez pas à m’envoyer vos commentaires sur les 2 vidéos du concert, je serai heureux d’avoir vos impressions.

Je vous embrasse,

Marc

...

5 Horses - Folk songs, with ❤️

Par Marc Verwaerde

Je m'appelle Marc Verwaerde, j'écris des chansons pop et folk en anglais, et c’est le sujet principal que j’aborde dans cette newsletter.

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