Bonjour à tous !
Me revoilà derrière mon ordinateur dans mon mini-studio parisien adoré, au calme et au frais sous l’arbre de la cour, qui a enfin déployé son feuillage pour abriter les habitants des premiers étages.
Où étais-tu parti, Marc Verwaerde ?
J’étais en tournée OH YEAH OH YEAH. Un peu comme dans le film “Almost Famous”, le bus en moins, mais les relations au top en plus. Bref, pas du tout comme dans Almost Famous. 5 jours, 5 concerts, sillonnant l’Armorique d’ouest en est (Brest, Plouharnel, Rennes, Vicq-sur-Mer, Villerville) en compagnie de Karen Lano et son équipe - Marie Lesnik et Olivier Le Gall. Il y aurait tellement à vous dire sur la qualité des liens créés dans cette Clio break (avec coffre de toit, svp on ne se refuse rien), mais ce n’est pas l’objet de cette newsletter et donc je m’arrêterai à une seule photo (qui vaut mieux que mille mots).
crédit photo: Coraline Simon
Je suis d’autant plus ravi que je sais que cette tournée est le début d’une histoire, faite de collaborations musicales et de projets professionnels à venir. Mais ce n’est toujours pas l’objet de cette newsletter.
Pourquoi j’ai décidé de garder mon nom ?
Pendant cette tournée, pas une seule fois l’enthousiasme et l’accueil du public n’ont été entamés par l’orthographe et/ou la prononciation de mon nom de famille. Le signe que la transition intérieure du doute à la conviction est opéré : j’assume complètement mon patronyme.
En réalisant un chemin psychothérapeutique pendant 5 années, et 9 mois après ma dernière séance, je peux enfin expliciter beaucoup des décisions qui ont marqué mon passage de la trentaine à la quarantaine.
La plus importante des décisions fut de réorienter ma vie dans la musique à nouveau. Ce choix vital, signalé par mon corps en souffrance physique, est aujourd’hui source d’un épanouissement infini. Plein d’une énergie physique débordante au moment d’exercer mon métier de musicien, et plein d’une énergie psychique intense au moment d’exercer mon art, je sais que je suis à ma place.
Une autre décision non moins importante fut d’emprunter cette voie tout seul. Sur mes deux jambes. Sans autre appui que celui de mon entourage, impliqué à leur souhait, sans pour autant que cela devienne un impondérable de ma mise en route. Cette mise en mouvement seul me permet d’être pleinement autonome et de faire mes choix de vie professionnelle et artistique.
La décision de conserver mon prénom et mon nom a été évidente au début, lorsque la question de composer et de jouer de la musique était vitale. Puis, lorsque le calme est revenu, que l’ambition n’était plus que la survie mais aussi l’épanouissement, la question du “nom de scène” s’est posée. Verwaerde, quand même… Toute ma vie à me faire écorcher le patronyme en salle d’attente, lors des appels de début d’année,… Moi qui avait passé 15 années dans le marketing, je me questionnais sur l’évidence du choix.
Maintenant je sais pourquoi j’ai tenu bon. Et pourquoi c’est clair qu’il n’y aura plus de quoi me faire vaciller. Et cette épiphanie je l’ai eue pendant la tournée.
Je m’appelle Verwaerde car mon père s’appelle Verwaerde. C’est une construction sociale française que d’hériter du nom de famille de son père, et je sais que cela a (un peu) évolué ces dernières années. Toujours est-il que je suis le transmetteur du nom de mon père. Mais entre mon père et moi il y a plus qu’un nom de famille. Je peux dire que je dois énormément si ce n’est tout à mon père quand il s’agit de la musique que j’écris, que je joue et que je chante. C’est son amour pour la musique anglo-saxonne qui coule abondamment dans mes veines. Sans Frédéric Verwaerde, je n’aurais pas connu l’inquiétante ambiance de For the Benefit of Mr Kite des Beatles par un soir de pluie lyonnaise, le mystère du riff de Shine on You Crazy Diamond des Pink Floyd dans le salon familial, l’immense Free de Stevie Wonder dans le tunnel de la Croix-Rousse, l’incroyable Dangerous de Michael Jackson à poil dans ma chambre espagnole, le couple basse batterie sur Out on the Weekend de Neil Young. Sans qui je n’aurais évidemment pas mis les pieds sur le sol anglais pour apprendre à lire et à écrire à l’âge de 5 ans. Qui ne m’aurait pas branché sur son autoradio l’album Tomorrow The Green Grass des Jayhawks pour me faire complètement basculer du côté musical une bonne fois pour toutes. Je dois tellement de choses à mon père que je suis aujourd’hui extrêmement fier de porter son nom sur scène en tant qu’artiste.
C’est de ça que je voulais vous parler. Marrant qu’après 5 années de psychothérapie on en vienne à dire “papa je t’aime”. Et si c’était pas ça la clé d’un chemin d’épanouissement individuel ? Savoir dire merci à ses initiateurs ? Finalement, je suis pas si mauvais en marketing : je sais bien vendre les choses qui méritent de l’être (ici, la psychothérapie, parce que je suis un peu fan des ellipses aussi).
Allez, sur ce je vous fais des bisous, je vais retrouver ma fille qui a cartonné son concert de dimanche.
Marc
